Ce qui vous paraît logique mais contreproductif quand vous aidez une personne aveugle

Rédigé par Raphaël Aucun commentaire
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Les gens veulent bien faire, mais sont parfois maladroit. Alors essayons de les aider.

Vous voulez aider ponctuellement une personne aveugle, vous n’avez pas l’habitude, vous sentez que vous vous y prenez mal et que la personne concernée n’est pas à l’aise. C’est tout à fait normal, mais peut s’instaurer un problème de communication qui peut rompre la bonne intention et agacer, voire angoisser la personne déficiente visuelle.

Je tente de donner ici quelques clefs, issues de ma propre expérience, pour aider au mieux à lever ces incompréhensions.

En déplacement

Préambule

Vous proposez votre aide, mais vous ne l’imposez pas, sauf si il y a danger imminent. Si il y a le choix entre escalier ou ascenseur, demandez à la personne ce qui lui convient, à défaut, allez au plus prêt. Si l’escalier est juste devant nous mais que l’ascenseur est un peu éloigné, ne cherchez pas à tout prix à l’atteindre, sauf si la personne bien entendu préfère pour des problèmes de mobilité. Nos yeux ne fonctionnent pas, mais on sait marcher, monter et descendre des escaliers.

Généralités sur le guidage

Si la personne a une canne, évitez d’immobiliser ou faire quitter le sol celle-ci. Si elle a un chien, ne demandez pas au chien de suivre. Ça, on apprécie vraiment pas ! :-) Prêtez votre bras et demandez quel côté lui convient. De fait, c’est en général le côté opposé à la tenue de la canne ou du chien.

Prêter son bras ne veut pas dire marcher bras-dessus bras-dessous ! On va apprécier oui, certains vont presque en abuser d’accord, surtout si vous portez le parfum le plus sexy du monde, mais bon, on se connaît à peine, donc c’est un peu gênant ! :-) Laissez la personne prendre votre bras au niveau du coude. Pas la peine de se crisper ou de plier le bras, au contraire, le guidage sera complètement faussé et cela met plutôt en insécurité ce qui n’est pas le but recherché. Laissez la personne en retrait derrière vous, vous anticipez ainsi d’un pas sur sa marche.

Adoptez une allure normale, ne ralentissez pas pour autant votre vitesse habituelle. Au contraire, la personne appréciera ainsi pouvoir gagner du temps grâce à vous.

Quand il y a changement de terrain, (déclivité, changement de nature de sol), inutile de le signaler oralement. Simplement, opérez un léger ralentissement au moment de franchir ce changement et reprenez aussitôt une allure normale. Ça permet de ne pas interrompre votre discussion philosophique ou votre discours entreprenant consistant à draguer celui ou celle que vous guidez.

Dans le cas d’une marche montante ou descendante, marquez une pause, puis reprenez la marche. Non, la personne ne tombera pas tout de suite dans vos bras troublée par votre charme, elle sentira le mouvement et saura si la marche est montante ou descendante.

Dans un escalier

Un escalier est une série de marche, en montée ou en descente. Par conséquent, les mêmes techniques s’appliquent ici. Marquez une pause avant d’entamer la première marche, puis une autre après la dernière. Veillez à garder une marche d’avance. Le réflexe ici est de s’assurer que la personne est au même niveau que soit ; c’est au contraire très inconfortable et contreproductif.

Dans le cas d’un escalier descendant, la personne a l’habitude, elle ne va pas tomber. Donc, ne vous crispez pas en cherchant à la retenir par le coude car, vous allez la mettre dans un état d’instabilité physique qui là, peut réellement la faire chutter. Encore une fois, c’est l’inverse de l’effet escompté.

Attention, passage étroit

Humm ! sympa ce petit rapprochement contraint ! :-)

Dans le cas d’un passage étroit (trottoir peu large, allée, foule compacte), le réflexe est de faire passer la personne devant soit et de la guider par les épaules ou alors, de marcher en crâbe. Gardez la technique de guide habituelle, simplement, pliez votre bras dans votre dos ; la personne comprendra le code et adaptera sa démarche en conséquence. Cette situation n’est bien évidemment pas confortable, mais est sensée être temporaire.

Franchissement de porte

Avant de franchir une porte, précisez si elle s’ouvre sur la gauche ou sur la droite. Dans l’embrasure, laissez la personne retenir la porte puis la refermer si nécessaire. L’important et que vous ne soyez jamais en inversion de situation où la personne se retrouve devant vous, donc en situation d’éventuelle insécurité.

Les petits gestes sympathiques

Vous pensez parfois rendre service, mais ces petits gestes peuvent parfois avoir de fâcheuses conséquences, surtout si vous ne dites rien.

La personne a laissé sa canne sous sa chaise, ce n’est pas sa place, je vais donc la mettre sur la table.
Zut ! mais où est ma canne ?

Vous proposez à quelqu’un de le ramener en voiture. Vous lui ouvrez la portière bien sûr ! Eh, bing ! Erreur ! Une portière ouverte est plus dangereuse qu’une portière fermée. Le mieux et de mettre la main sur la poignée et de proposer à la personne de suivre votre bras pour trouver celle-ci. Ainsi, elle maîtrise et s’arrange comme elle veut pour monter en voiture. Enfin jusqu’à une certaine limite quand-même, tentez de la raisonner si elle veut absolument rentrer par la fenêtre !

Vous proposez à quelqu’un de s’assoir. La logique veut qu’on fasse reculer la personne jusqu’au siège et qu’on l’aide à s’assoir et là, c’est maintenant que les ennuis commencent ! S’asseoir, c’est comme descendre un escalier ! Il faut bien à un moment se laisser attirer par la gravité. Par peur qu’elle ne tombe, vous la retenez alors qu’elle, cherche justement à choir. Les deux effets s’annulent et la chutte incontrôlée menace. Dans la mesure du possible, abordez la chaise par l’arrière et faites comme pour la portière de voiture ; mettez la main sur le dossier et laissez la personne suivre votre bras pour le trouver.

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