En route vers l’atrophie digitale

Rédigé par Raphaël Aucun commentaire
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Du lave-linge à la bouilloire, du gros électroménager au plus simple appareil, trouver une machine à café ou un lave-vaisselle est devenu infernal quand on est aveugle.

La tendance a débuté avec les smartphone. Il a fallu s’adapter et inventer des lecteurs d’écran répondant tant bien que mal à la problématique. À cela, des sociétés se sont placées sur le marché, offrant des téléphones complètement adaptés, pour les personnes n’arrivant pas à se faire aux « claviers lisses ».

Cependant, il semble que ces fichus boutons tactiles envahissent le moindre appareil électroménager. Additionnés à des écrans numériques, ceux-ci deviennent absolument inaccessibles et n’ont aucune chance d’atterrir dans la cuisine d’une personne déficiente visuelle.

Au commencement, la difficulté se faisait sentir lorsqu’on devait choisir un lave-linge ou un lave-vaisselle. Entre nous, finalement, l’important est de pouvoir allumer l’appareil, choisir un programme prédéterminé puis de démarrer le processus. Nul n’est besoin de changer fréquemment les paramètres. Au mieux, on avait affaire à des boutons rotatifs crantés permettant de mesurer la granularité, au pire, on collait des étiquettes Braille et l’appareil devenait utilisable. Seulement, ce temps est révolu. Les tableaux à commandes numériques ont fait petit à petit leur apparition. On a commencé à avoir des machines avec des sélecteurs ; ce sont des boutons rotatifs, crantés ou non, qui tournent ad vitam æternam, ce qui fait qu’il est impossible, sans le retour de l’affichage, de connaître l’état du paramétrage. Comme on n’est pas trop exigent et que la dépendance, on y est habitué, on comptait sur l’aide d’une personne voyante pour nous régler une bonne fois pour toute un paramétrage convenable et on n’en changeait plus. Seulement, c’était valable quand on avait encore des boutons sur lesquels appuyer, que l’on pouvait repérer au toucher, donnant encore la possibilité de manipuler un minimum le matériel. Désormais, certains appareils les plus modernes sont dotés d’un tableau de commandes complètement dépourvu de boutons physiques qui réagit dès qu’on l’effleure avec ses mains pleines de doigts. À ce stade, comment être autonome avec sa machine ?

Si on peut plus ou moins tolérer un manque d’autonomie vis-à-vis de son lave-linge, le recours à une aide ménagère étant toujours envisageable ; l’impossibilité d’utiliser sa cafetière, sa bouilloire, voire même ses plaques de cuisson ou encore de monter dans un ascenseur, nous ramène au temps de l’avant électricité. Il nous restera qu’à allumer un feu pour pouvoir faire griller les saucisses.

Finalement, René Barjavel, dans son roman « Ravage », était proche d’une réalité qui finira réellement par concerner une partie de la population.

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